
Henri Matisse, Nu bleu II, 1952, Papiers gouachés, découpés et collés sur papier marouflé sur toile, 103,8 x 86 cm.
/SÉQUENCE
Dessine sans crayons, sans stylos, sans pinceaux l’œuvre ci-dessus d’Henri Matisse, en 10 minutes, dans ton cahier d’arts plastiques. Le travail est réalisé en début de séance.
Nu bleu II fait partie d’une série de quatre œuvres monumentales réalisées par Henri Matisse à la fin de sa vie. L’artiste revient sur le nu, qui est l’un de ses thèmes de prédilection. Nu bleu II incarne la manière dont Matisse, parti d’un sujet éminemment classique, le revisite de façon radicale. Techniquement, l’œuvre se compose d’un assemblage de papiers préalablement peints à la gouache puis découpés et recollés sur une feuille de grand format. La méthode utilisée renforce l’autonomie des diverses parties. Dans le même temps, l’homogénéité de la couleur, la planéité des formes et leur aspect synthétique donnent à la figure son unité. Nu bleu II souligne la grande liberté prise par Matisse avec la ressemblance.




La couleur et le dessin ont longtemps été au cœur de débats houleux dans l’histoire de la peinture. Ces discussions culminent à la fin du XVIIe siècle, avec la fameuse querelle entre les poussinistes et les rubénistes, aussi appelée querelle du coloris. Lequel du dessin ou de la couleur doit primer sur l’autre ? Il en résulte une approche bipolaire de la création, qui vient distinguer les dessinateurs et les coloristes. Les ultimes œuvres de Matisse parviennent à résoudre de façon inédite l’ancien conflit. « Le papier découpé, écrit l’artiste, me permet de dessiner dans la couleur. »
Chef de file du groupe des Fauves au début du siècle, Matisse est incontestablement l’un des plus grands coloristes du XXe siècle. Autour de 1905, il fait passer à la toile « l’épreuve du feu ». Il embrase la palette et explore avec ses amis le pouvoir expressif de la couleur. Plus décorative, la série des Ateliers réalisée par le peintre au début des années 1910 souligne le pouvoir immersif de la couleur, qui s’assagit dans les années 1920 au début de la période niçoise avant de revenir dès les années 1940 à une « densité maximum ». Si la couleur et ses rapports sont centraux, le dessin reste néanmoins un moyen privilégié d’explorer ses émotions directes. Il le pratique quotidiennement.
Les papiers collés réconcilient ligne et couleur.
/GALERIE [BLEU]


