
© John Coplans (1920 – 2003), Self Portrait (Hand, Two Panels Horizontal, III) (diptyque), 1988–1990, Gelatin silver print, mounted to board, 114 x 89.87 cm. chaque, Signé au verso, Edition 1/6
/SÉQUENCE
Dessine la photographie de John Coplans, ci-dessus, en 10 minutes, dans ton cahier d’arts plastiques. Le travail est réalisé en début de séance.
Émigrant aux États-Unis au début des années 1960, John Coplans a d’abord été peintre, critique d’art, directeur de musées et commissaire d’expositions, avant de se consacrer pleinement à la photographie au début des années 1980. C’est à l’âge de soixante ans, après s’être employé pendant vingt ans à promouvoir l’œuvre d’autres artistes, qu’il se retire pour renouer avec l’expérience de la création. Il développe alors une pratique photographique où il représente son corps nu, en noir et blanc, souvent fragmenté, la tête toujours hors-champ. Il désigne toutes ces images réalisées entre 1984 et 2002 par l’intitulé générique Self Portrait ; titres et sous-titres descriptifs spécifient la partie du corps représentée ou la posture.
Objet premier, singulier et impersonnel, le corps est le support d’une exploration jubilatoire, sans cesse renouvelée, de la vie des formes. Souvent réduite à la représentation du corps vieilli, l’œuvre de Coplans répond à une visée plus ludique et universelle, inscrite dans une histoire longue des formes artistiques par le jeu de relations métaphoriques à la nature ou à la sculpture. Elle redéfinit le sens même de l’âge – non comme une progression vers la fin de vie, mais plutôt comme l’occasion d’une inscription dans la longue durée de l’espèce humaine et d’une entreprise de remémoration des formes primitives.
L’absence du visage et le choix du fragment comme élément plastique ont libéré un flux d’inventions et d’analogies formelles qui semblait inépuisable et n’a cessé qu’avec la disparition de l’artiste. Les images de Coplans sont tour à tour contenues et explosives, drôles, provocantes, toujours soigneusement méditées. Elles répondent à une exigence de clarté qui transfigure le pathos expressionniste.







BIOGRAPHIE
John Coplans naît à Londres en 1920. Fils d’un médecin amateur d’art, il passe une partie de son enfance entre Londres et l’Afrique du Sud. Dès 1937, sensibilisé au danger global que représente l’Allemagne nazie, il s’engage dans l’armée britannique. Il combat jusqu’en 1945, en Afrique de l’Est puis en Inde et en Birmanie.
En 1946, John Coplans commence des études artistiques mais y renonce rapidement. Il s’installe à Londres. Pendant une dizaine d’années, il peint et contribue à l’essor de l’art abstrait, dans la mouvance de l’abstraction lyrique, puis de l’Hard Edge. En 1960, Coplans émigre aux États-Unis et s’installe à San Francisco. En 1962, il participe à la création d’Artforum. Le magazine s’impose rapidement comme un mensuel de référence pour l’actualité de l’art et de la création. Premier du genre sur la Côte ouest, il soutient et fédère les artistes, contribuant à faire émerger la « scène de Los Angeles » et « l’art de la Côte ouest ». Coplans en fut le rédacteur en chef de 1971 à 1977 (à New York, où la revue s’est déplacée en 1967).
John Coplans fut également commissaire d’expositions, directeur de l’Art Gallery de l’Université de Californie à Irvine (1965-1967) et Senior Curator du Pasadena Art Museum (1967‑1970). De 1978 à 1980, il dirigea le Akron Art Institute (Ohio). C’est à cette époque qu’il mena ses premières expérimentations photographiques.
En 1980, il décide de cesser ces activités pour redevenir artiste et se consacrer à la photographie. Il s’installe à New York. Dès 1985, il expose régulièrement en France et en Europe. En 1988, le San Francisco Museum of Modern Art (SFMOMA) organise la première exposition majeure du photographe, présentée au Museum of Modern Art (MoMA) de New York la même année. John Coplans est mort à New York le 21 août 2003.