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« La rue est ma galerie et je ne fais aucune dissociation entre peindre et faire une affich
Né à Damas en 1938, Michel Quarez s’inscrit d’abord aux Beaux-Arts de Bordeaux. Au tournant des années 1960, il rejoint à Paris l’École des arts décoratifs et devient l’élève de Jean Widmer (né en 1929), qui introduit en France la rigueur et l’efficacité du graphisme suisse. Mais le turbulent Quarez, qui fonce dans les couloirs de l’école en patins à roulettes, ne s’en satisfait pas. Vers 1963, il part pour la Pologne travailler dans l’atelier du génial Henryk Tomaszewski (1914-2005), qui l’initie à l’art de résumer un message en quelques coups de pinceau. Michel Quarez, de retour en France, organise une exposition polonaise aux Arts-Déco. Deux élèves, conquis, partent à leur tour pour Varsovie se former au surréalisme polonais et à l’art lapidaire de Tomaszewski : Pierre Bernard (1942-2015) et Gérard Paris-Clavel (né en 1943). Toute cette effervescence créative donnera naissance au collectif Grapus, locomotive du graphisme engagé de la fin des années 1960 aux années 1990.
Un « graphisme d’utilité publique »
Muni d’une solide culture visuelle, acquise notamment lors d’un séjour à New York où il a fréquenté les milieux du pop art, Quarez rejoint Grapus pendant une petite année, « mais le collectif et ses conflits, ce n’était pas son truc, se souvient l’un des membres du groupe, Gérard Paris-Clavel. Nous nous sommes quittés en pleine camaraderie ».
Déconneur sensible, poète impulsif, toujours entre amitié et engueulade, Michel bientôt en Seine-Saint-Denis, où il travaille pour plusieurs municipalités communistes. N’ayant rien à vendre, son « graphisme d’utilité publique » promeut la Coupe du monde de football 1998, annonce la tenue d’un forum social ou célèbre la Commune.
C’est ainsi que Quarez met au point sa technique définitive : des aplats de couleurs vives, de grands coups de pinceaux bruts, une grande force sous une fausse naïveté. Pierre Bernard disait que le graphisme suisse s’inspirait de l’architecture tandis que le graphisme français se référait à la peinture. Et Quarez est bien dans cette veine, celle du peintre Fernand Léger (1881-1955), qu’il admirait. À la fin de sa vie, Quarez s’est d’ailleurs tourné surtout vers la peinture et le dessin.
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